CR audience suite à la mobilisation des AESH

lundi 11 février 2019
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 Comme partout en France mercredi 6 février, 5 jours avant les annonces du ministère, les Accompagnant-es des Elèves en Situation de Handicap (AESH) des Deux-Sèvres étaient mobilisé-es à l’appel des organisations syndicales. Un rassemblement a eu lieu à Niort devant la DSDEN Avenue de Limoges. Une délégation de 4 représentants syndicaux ( SNUIPP, FO, SE-UNSA et Sgen-CFDT) a été reçue par l’inspecteur de l’Education Nationale ASH M.Remondiere, M. Grenier chargé de mission académique secteur ASH, et le coordinateur AESH M. Fouet-Bard. 


Pendant plus d’une heure, de nombreux sujets nationaux et locaux ont été abordés en partant de la plate-forme intersyndicale commune. Si le sentiment a été d’avoir une écoute, peu de réponses concrètes ont été apportées.


L’ensemble des revendications a été évoqué : 


- La création du véritable statut.
On nous informe que la demande sera faite à qui de droit et que cette mesure ne peut être discutée que nationalement.
On nous informe également sur le changement de la loi concernant les AESH disant que désormais, les contrats seront signés pour trois ans, renouvelables 1 fois et non 6 fois un an.
Cela change t-il réellement quelque chose ? 


- Nous avons évoqué le fait que notre travail ne soit pas reconnu à sa juste valeur et qu’il avait même été dévalorisé lors du passage au 1er CDI puisque notre « catégorie » avait alors été rétrogradée à celle de « catégorie » C. Nous sommes pourtant nombreux à accompagner des enfants jusqu’au bac et au-delà.
C’est pourquoi nous avons redemandé un statut de fonctionnaire de la Fonction Publique avec une véritable évolution de carrière au niveau catégorie B. 


- Une revalorisation immédiate des salaires :
- Nous avons mentionné le fait que, malgré la circulaire, jamais la revalorisation salariale n’avait fait l’objet d’un point à l’ordre du jour des CTA.
On nous a répondu que ce point était posé à l’ordre du jour du prochain CTA du mois de mars.


- Nous avons également rappelé que normalement les entretiens professionnels devaient avoir lieu lors de la cinquième année de CDD et tous les 3 ans, ils pourraient éventuellement être suivis d’une revalorisation salariale. Mais dans la réalité, les entretiens ne sont que rarement faits et qu’ils ne sont de toute façon suivis d’aucune augmentation. Nous rappelons également qu’ils ne doivent pas être effectués par les directeurs dans le 1er degré mais par les IEN et doivent être faits par les chefs d’établissement dans le second degré.
On nous répond qu’il ne faut pas hésiter à revenir vers le service si les entretiens ne sont pas faits et que l’administration aussi essaie de relancer régulièrement de son côté. 


- Aux salaires bas s’ajoutent les nombreux déplacements (lors des remplacements ou des formations) qui grèvent le pouvoir d’achat, d’autant que dans certains cas, ils ne sont pas remboursés. En effet, lors d’une affectation sur un seul établissement si l’AESH est amené à travailler sur deux sites l’administration dit ne pas pouvoir rembourser les frais de remplacements. Nous rappelons que la circulaire mentionne que tout déplacement entre deux établissements non limitrophes doit être soumis au remboursement. Sans compter sur les problèmes d’accès à Chorus et des délais de remboursement qui sont longs et qui grèvent les budgets modestes.
On nous répond qu’il s’agit d’une réponse de l’administration mais que la question va être reposée. L’administration affirme être bienveillante et attentive à toutes les situations individuelles notamment, en essayant de respecter au mieux les affectations de chacun afin de limiter le kilométrage domicile/travail.

- Des emplois stables, pérennes et reconnus :
- Nous avons mentionné les temps partiels imposés qui depuis 3 ans se limitent à des 60 % et la quasi impossibilité de faire évoluer ce pourcentage qui ne permet pas de vivre dignement, oblige bien souvent les collègues à pratiquer le cumul d’activités qui parfois peut nous être reproché car, cela empêche le bon fonctionnement du service.
On nous répond que le cumul d’activités avait été accepté pour tous ceux qui en avaient fait la demande cette année et que c’est également la raison pour laquelle la formation était proposée à titre facultatif permettant ainsi aux personnes de pouvoir effectuer leur cumul. Aucune réponse pour l’activité à temps complet. 


- Nous avons aussi parlé de la multiplicité des contrats pour un même poste de travail et la complexité de ne pas avoir tous les mêmes « droits » (jour de carence, droit à l’action sociale, SFT, fin de contrat en plein milieu d’année…) 
On nous répond que pour faire suite à la demande ministérielle à la rentrée prochaine, tous les contrats aidés basculeraient dans le dispositif AESH. 


- Nous évoquons le manque de personnels ou l’attente de certains enfants avant d’être accompagnés.
On nous dit que dans le département les dossiers sont traités maximum un mois après être passés en commission et qu’actuellement 924 enfants avec une reconnaissance de handicap sont accompagnés par 520 personnels.
On nous dit que le recrutement de personnels ne pose aucun problème et que les délais sont respectés. 


- Nous évoquons la problématique des « devoirs faits » qui avait fait l’objet d’une interdiction l’an passée.
On nous répond qu’il est tout à fait possible de participer cette année au dispositif « devoirs faits ».

- Une formation professionnelle de qualité sur le temps de travail
- Nous évoquons la formation sur le temps de travail.
On nous répond que sur ce sujet, le département n’a pas à rougir car il respecte la réglementation en mettant en place pour chaque nouveau personnel un volet de formation initiale de 60 h et propose chaque année au reste du personnel AESH des volets de formation facultatifs avec différents thèmes et interlocuteurs. 
L’administration rappelle que ce volet de formation doit être comptabilisé dans les 3 semaines dû au titre de l’annualisation sur 39 semaines et qu’il fait donc partie intégrante du temps de travail. Elle rappelle également que ces temps de formation participent trop peu à la reconnaissance du travail. 


- Nous rappelons que cette annualisation est abusive dans le cadre des CUI-PEC car, la législation parle de modulation et leur contrat ne sont que des contrats de 20h et pas 23h50. Nous rappelons également que l’annualisation est en cause dans l’obligation du temps partiel car travailler à 80 % veut dire 32 h par semaine. 
On nous répond que ce sont les directives de la hiérarchie. 


- Nous évoquons le PAF et le manque d’informations quant à cette formation et rappelons aussi la complexité de s’y retrouver (intitulés, inscription,…)
On nous répond que des efforts sont à faire.


- Nouveau dispositif PIAL (Pôle inclusif d’accompagnement localisé). 
Nous évoquons ce nouveau dispositif mis en place à titre expérimental dans 3 collèges sur le département en rappelant nos inquiétudes face à un tel dispositif. Nous rappelons que nous travaillons avec de l’humain et qu’il n’est pas toujours possible de raisonner en terme de chiffres et de « rentabilité ». On s’inquiète aussi de la possibilité pour le chef d’établissement de pouvoir disposer à leur guise d’un personnel à disposition afin de pouvoir accompagner le plus grand nombres d’élèves avec le moins d’AESH possible en évoquant la problématique de la « mutualisation ». On dénonce également le risque d’avoir trop d’élèves à suivre avec des situations trop diverses à gérer, des emplois du temps élastiques...
On nous répond que nous travaillons pour notre « disparition » dans le sens ou le but de notre travail est de rendre l’enfant le plus autonome possible et que devant l’augmentation de l’équipe AESH dans certains établissements, il serait bon de laisser piloter les chefs d’établissement. 


On nous dit de laisser le temps aux établissements de mettre en œuvre ce nouveau dispositif et on nous certifie que les AESH seront consultés lors du bilan. 


- Autres problèmes abordés : 
- Si les nouveaux contrats publics sont annualisés, se pose le problème des contrats qui ne sont pas signés à l’année ou s’arrêtent en cours d’année car, de ce fait, l’annualisation des heures n’étant plus la même il y a un problème de congés et d’heures supplémentaires…
L’administration doit se renseigner à ce sujet. 


- Se pose aussi le problème du remplacement des personnels AESH. En cas d’absence ponctuelle, les AESH ne sont pas remplacés ou alors par des AESH disponibles. Lors d’absences plus longues, les AESH à la disposition du service peuvent être amenés à quitter leur poste pour effectuer leur service ailleurs selon l’urgence. Nous mentionnons le fait qu’un volant de remplaçants AESH est nécessaire.
L’administration nous dit faire son possible. 


- Sur la possibilité de participer à des séjours scolaires avec nuitées, les personnels en contrat aidé ne peuvent pas y participer mais pas de problème pour ceux en contrat public. L’AESH doit être volontaire et doit voir avec l’administration pour un éventuel rattrapage d’heures.



 

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