Loi Blanquer : loi de la défiance

vendredi 15 février 2019
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La Loi Blanquer a été adoptée en commission de l’Education à l’Assemblée nationale. Son parcours n’est pas terminé, nous sommes d’ores et déjà atterrés par ce qu’elle contient à ce jour.


L’article 1 est maintenu malgré toutes les alertes de la FSU : nous verrons bien à l’épreuve des faits si « l’exemplarité » des enseignants dans « l’école de la confiance » ne sera pas utilisée à l’avenir pour faire taire toute critique de la politique ministérielle.

L’article 1 se lit ainsi maintenant : " Dans le respect de la loi n° 83‑634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, par leur engagement et leur exemplarité, les personnels de la communauté éducative contribuent à l’établissement du lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au service public de l’éducation. Ce lien implique également le respect mutuel entre les membres de la communauté éducative et notamment le respect des élèves et de leur famille à l’égard de l’institution scolaire et de l’ensemble de ses personnels. "


La loi ouvre la possibilité de créer des « établissements des savoirs fondamentaux », regroupant une ou plusieurs écoles avec un collège : le principal deviendrait ainsi le supérieur hiérarchique des PE, un seul directeur ou directrice d’un réseau d’écoles pourrait devenir l’adjoint du principal…
Quelle négation de l’identité professionnelle du 1er degré, quel mépris pour le fonctionnement de ce collectif de travail spécifique. Au lieu de renforcer ce qui fonctionne, cette loi va détruire ce qui fait la richesse du primaire. On retrouve bien là l’obsession de ce ministre : imposer à toute force (les méthodes, les fonctionnements), au lieu de permettre aux acteurs de construire ; ignorer les dynamiques collectives de réflexion et d’élaboration que permet le conseil des maîtres actuel en répétant que cette organisation est une aberration…


L’article 8 va dans le même sens, puisqu’on ne sait plus si des « expérimentations », décidées par la hiérarchie, pourront encore être refusées par les enseignant-es.


L’article 9 va développer le pilotage par l’évaluation, alors qu’on en connaît les ravages dans les pays anglo-saxons : déprofessionnalisation des enseignants, réduction des enseignements, bachotage… et accroissement des inégalités par la concurrence entre les écoles.

Et bien sûr, l’obligation scolaire à 3 ans, qui permet avant toute chose le financement des maternelles privées par toutes les communes, qu’elles le veuillent ou non.


Sans oublier la transformation de la formation initiale : le SNUipp-FSU a pris connaissance du projet de « référentiel de formation », qui deviendrait une obligation pour les INSPE… c’est la 1re fois que des méthodes seraient imposées par un référentiel !


Vraiment, tout est prévu dans cette Loi pour imposer les orientations et les obsessions d’un homme… c’est vraiment la Loi de l’école de la défiance qui s’annonce. Les futurs administrateurs des nouveaux INSPE sont d’ailleurs déjà choisis par le ministère avant que la loi ne soit votée.


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