Le PIAL : épisode 3

vendredi 28 juin 2019
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LE PIAL épisode 3….

D’abord présenté comme une simple expérimentation ne concernant que très peu d’établissements, le PIAL se voit ensuite propulsé sur 11 établissements et maintenant 15… tiens, tiens…

Et oui il y aura bien 15 établissements concernés puisqu’en plus de ceux mentionnés sur le dernier article (lire ici) viennent s’ajouter : l’école St Joseph de Parthenay, le collège Saint-Exupéry de Niort, Jacques Prévert à Moncoutant ainsi que le lycée Paul Guérin de Niort. 

Le PIAL est présenté comme quelque chose de formidable qui va vraiment prendre en compte l’’autonomie de l’enfant… En réalité, l’enfant n’aura pas le choix d’être autonome puisque la multiplicité de nos accompagnements nous obligera à faire du « saupoudrage ». Exit la relation avec l’enfant, la prise en charge en cours, l’aide personnalisée ! Bonjour rentabilité et accompagnement sur les temps d’évaluation uniquement, même si pour le moment on nous garantit le respect et la cohérence des accompagnements. 

En plus, lors des réunions d’information on nous demande sous « chantage » d’une augmentation de notre temps de travail, que l’un·e d’entre nous deviennent « coordonnateur » de ce dispositif. Pour quoi ? Dans quel but ? Après tout pourquoi pas… Mais donc qui dit nouvelle mission, dit reconnaissance, formation, augmentation salariale. Que nenni, on compte sur notre bonne volonté et notre envie de bien faire alors que le Vademecum lui même préconise que ce soit un directeur d’école ou un personnel qualifié moyennant IMP (à savoir un professeur habilité à percevoir des heures supplémentaires). 

Mais, quel·le employé·e accepterait une mission aussi difficile que celle de coordination sans aucune compensation, là ou d’autres pourraient être rémunérés et formés pour ça. Là encore, l’adage : « diviser pour mieux régner » prend tout son sens. 

Or nous savons que notre travail d’aide tout au long de l’année, d’acceptation de l’adulte et en particulier lors des cours est primordial pour la confiance et la réussite de l’élève. Sans compter tout le travail de reformulation, de segmentation, d’adaptation de contenu, d’organisation, toutes ces petites choses justement essentielles à l’apprentissage et au gain d’autonomie de nos élèves. 
Mais là encore, ce travail « invisible » ne doit pas pouvoir se mesurer suffisamment. Alors que le résultat d’une évaluation et le nombre de prise en charge d’élèves par AESH, eux peuvent se quantifier facilement. 

De plus, nos conditions de travail resteront-elles les mêmes ? Le fait que le chef d’établissement soit désormais garant de l’organisation du temps et des accompagnements dans ces établissements (Le PIAL voulant dire que le dispositif peut s’étendre sur plusieurs établissements). Comment va-t-il en toute bonne fois pouvoir s’assurer du bon accompagnement de tous ces élèves ? Malheureusement, ce sont les règles mathématiciennes qui finiront par résoudre le problème (ex : 6 AESH pour un PIAL comprenant 4 écoles = 18 élèves / 6 AESH = 3 enfants par AESH sur 4 écoles différents). Est-ce que le fait de devoir changer d’école, ou d’élèves, plusieurs fois dans la journée, de devoir s’adapter à tous les handicaps (sans formation) va nous convenir pour effectuer notre travail dans de bonnes conditions ? Est-ce que les transmissions, les réunions, les harmonisations vont être prises en compte ? 


Vous l’aurez donc bien compris cette expérimentation largement étendue nous fait bien comprendre que bon ou mauvais bilan,...de toute façon, à la rentrée 2022 le PIAL sera généralisé. 
Ne nous méprenons pas, ce PIAL n’est autre qu’un ultime outil pour nous rendre un peu plus corvéable et nous diviser un peu plus. Dès la rentrée, le SNUIpp-FSU livrera ce combat et en fera une de ses priorités. 

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