Compte rendu du groupe de travail académique sur la formation des stagiaires 1er et 2nd degré

mardi 15 novembre 2016
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Ce groupe de travail académique sur la formation des stagiaires du 1er et 2nd degré a eu lieu grâce aux demandes répétées de la FSU lors de 2 audiences auprès de la rectrice

Compte rendu du groupe de travail académique sur la formation

des stagiaires 1er et 2nd degré


Etaient présent-e-s : Mme. Poirier (SG du rectorat) , M. Desport (doyen des IEN auprès de la rectrice), les 4 IENA départementaux (dont M.Artaud la Vienne), M. Cottron (directeur ESPE académie Poitiers), Julien Doreau (Dafop) M.Himy (IA-IPR lettres), 5 FSU/CGT ( dont 2 du SNUipp) , 2 Unsa, 1 FO, 2 Sgen, 1 Snalc


Note d’ambiance :

Ce groupe de travail académique sur la formation des stagiaires du 1er et 2nd degré a eu lieu grâce aux demandes répétées de la FSU lors de 2 audiences auprès de la rectrice ( voir compte rendu de la rencontre SNUipp/rectrice du 29 septembre) et lors du CTA.

Si lors de ce groupe de travail, l’administration semble avoir une réelle volonté d’écoute et d’avancées, en revanche aucune proposition concrète de sa part n’était à l’ordre du joursauf celle de ficher numériquement tou-te-s les PES avec leurs difficultés rencontrées dans une nouvelle application MUSES partagé avec plein de gens différents et cela sans y voir aucun problème (pas de suppression des données, pas de délai de conservation, lien avec le dossier admin du fonctionnaire, pas déclaration CNIL…). La délégation FSU/CGT s’ y est fortement opposée !!!

La délégation FSU/CGT étant quasi la seule à faire des propositions, l’administration doit réfléchir à nos propositions avant d’y apporter des réponses ... ce qui peut mettre un certain temps Des groupes de travail départementaux doivent être mis en place prochainement pour mettre en place les choix retenus académiquement pour la rentrée 2017.


Bilan 1er degré : des améliorations indispensables et urgentes à mettre en place


Le SNUipp-FSU a présenté son bilan de la formation en s’appuyant sur les résultats de ces enquêtes auprès des stagiaires lors de ces 3 dernières années (voir celle de 2016) mais aussi en fonction des remontées des formateurs/trices et des écoles qui accueillent les stagiaires :

  • La formation des stagiaires n’est pas en alternance mais en cumul, conséquence les stagiaires se sentent débordé-e-s (75%) et stressé-e-s (62,5%). La cause principale est le mi-temps classe, mi-temps ESPE hebdomadaire qui ne permet pas de prendre le recul nécessaire pour mener à bien ces 2 aspects. Le fait de mettre 2 stagiaires à 50% sur le même poste accentue ce phénomène.

    M. Desport a été dans notre sens sur la répartition des moments de responsabilité pour atteindre une alternance comme dans d’autres formations ;


  • La formation des stagiaires ne prépare pas suffisamment au métier. En étant en mi-temps en classe toute l’année, les stagiaires sont en responsabilités sur une même classe dans la même école toute l’année, ne voyant pas ainsi les autres niveaux ou d’autres environnements d’école. Si les APP (ateliers de pratiques pédagogiques) permettent de voir d’autres classes, ceux-ci ne sont pas suffisants pour permettre de découvrir et d’appréhender la diversité de notre exercice.Selon l’administration, la formation n’est pas idéale mais elle s’améliore ... les ESPE n’ont que trois ans. Pour M. Cottron, les stagiaires ne sont effectivement pas investis de la même façon dans tous les modules de formation.

  • Le parcours précédent des stagiaires n’est pas suffisamment pris en compte. A l’ESPE, les modules dit « adaptés » des stagiaires en fonction de leurs études précédentes sont à améliorer. De même, la prise de classe en responsabilité est trop rapide et ne prend pas en compte une progressivité nécessaire à la prise en charge de la classe pour des gens qui découvrent la profession d’enseignant-e.→ M. Cottron a défendu la répartition dans les parcours : une première commission affectant de manière automatiques les stagiaires dans les parcours (autour du 9 septembre) et une seconde commission propose des aménagements pour les cas particuliers début octobre (environ 10%) ; Il a défendu une limite à l’individualisation des parcours, il ne peut y avoir un certain nombre de parcours différents. Concernant la question des mémoires : d’après lui, en M1, seule la méthodologie de la recherche devrait être abordée, permettant une portabilité accrue, seul le M2 correspondant à l’écriture du mémoire.

  • La formation à l’ESPE présente des manques comme la connaissance de l’élève, l’initiation à la recherche (73%), mais aussi la pratique pédagogique et la gestion de classe (68%). De plus, il est aberrant que les cours à l’ESPE soient ultra denses toute l’année avec des soirées parfois jusqu’à 19h, des cours le mercredi matin et après-midi et qu’au 1er juin , les stagiaires n’aient plus rien.→ L’administration a reconnu que l’année était trop dense (notamment M2) et que c’était donc problématique d’envoyer les stagiaires plus loin de l’ESPE.

  • Les écoles qui accueillent les stagiaires ne sont pas suffisamment considérées. Les équipes voient défiler des stagiaires chaque année, avec des réussites et des échecs, consacrant temps et investissement pour soutenir, aider les stagiaires face aux difficultés rencontrées qu’elles soient en classe ou par rapport aux parents. Aucun temps n’est prévu pour aider ces équipes à cet accompagnement et encore moins d’indemnités. → Les IENA ont convenu que les écoles accueillant des stagiaires connaissent une certaine lassitude au niveau des équipes au vu du blocage des postes pour le mouvement et des efforts à déployer pour accueillir des stagiaires. Un bilan est prévu au mois de décembre sur l’organisation des supports de stage. … mais il a aussi été rappelé que cela faisait partie de la transmission habituelle de notre métier que de s’attacher à accompagner les nouveaux arrivants dans une école (fussent-ils stagiaires)


  • Le suivi des stagiaires n’est pas satisfaisant, il y a un manque d’harmonisation entre formateurs et tuteurs dans les conseils donnés même si cela a aussi progressé ces deux dernières années. Pour certain-e-s stagiaires, un manque de bienveillance des formateurs est aussi ressenti à leur égard. Enfin, des formateurs nous font remonter des problématiques de frais de déplacement pour le suivi des stagiaires.


Les propositions du SNUipp pour le 1er degré

  • Une formation qui alternerait stage filé et stage massé, organisation qui était mise en place avant 2008 et suppression de la formation par le gouvernement Sarkozy. Cette organisation a été aussi mise en place dans l’académie de Clermont-Ferrand depuis 2014.

    Au regard, de l’obligation des textes d’être à mi-temps responsabilité classe, cela pourrait donner d’être en complément d’un directeur/directrice à ¼ de responsabilité (soit 1 jour par semaine et 1 mercredi/4) et effectuer 3 stages de 3 semaines. Pour le SNUipp-FSU, cette organisation permettrait plusieurs avantages décrits ci-dessous

    • Un stage filé conservé pour continuer à suivre la vie d’une école sur l’ensemble d’une année, mais avec un volume moindre pour ne pas être le responsable de la classe. De plus le fait d’être complément d’un-e directeur/trice permet d’avoir le/la titulaire présent-e sur l’école pour faire le lien avec le stagiaire si nécessaire.

    • Une progression de la prise en charge de la responsabilité classe.

    • Des stages massés de 3 semaines pour découvrir d’autres cycles, d’autres environnements d’écoles, d’autres fonctionnements, d’autres collègues … Le SNUIpp-FSU demande qu’un temps avec le titulaire de la classe puisse être mis en place avant et après la formation pour permettre un suivi, une transition.

    • Des écoles qui pourraient ainsi « tourner » pour accueillir les stagiaires. Trouver des mi-temps dans chaque département est parfois un casse-tête pour l’administration et bloque un certain nombre de postes pour le mouvement, alors que trouver des ¼ de décharges de direction est plus aisé.

    • Des collègues titulaires qui pourraient partir en formation remplacé-e-s par des stagiaires. Que ce soit des collègues dans le cadre de la formation continue ou des collègues nouvellement titularisé-es pour des poursuites de formation initiale, ces stages massés permettraient ainsi des départs en formation, grand écueil de l’organisation du 1er degré depuis 2010.

Une formation de ce type coûterait environ 50 postes à l’académie pour sa mise en place. Ces 50 postes ne seraient pas « invisibles » pour le 1er degré puisqu’ils correspondraient à des moyens de remplacement. Sur les 4 dernières années, 73 postes de remplaçants ont été créés dans l’académie (10 pour la Vienne).


→ M. Cottron a salué notre réflexion sur les stages massés ; M. Desport a aussi exprimé son intérêt sur les stages massés. … à suivre


  • Un accompagnement en amélioration,

    • Des postes de formateurs 1er degré aussi en dehors des écoles d’application pour permettre plus de diversités de situations rencontrées par les stagiaires ( rural, ash, rep, multi-niveaux … ). Cela permettrait ainsi à l’administration une meilleure répartition de ces postes pour répondre au plus près à la situation géographique des stagiaires et ainsi faire des économies de frais de déplacement.

    • Un accompagnement des équipes qui accueillent les stagiaires ( par exemple des mercredis matins) en lien avec les formateurs 1er degré ou espe. Le versement de la prime MAT ou d’une modalité proche pour ces équipes est nécessaire.

    • Une meilleure prise en compte des formateurs/trices : association dans les maquettes de l’ESPE, réunion d’harmonisation en début d’année

l’administration propose de mettre en place MUSES, c’est une application qui permet aux différents acteurs de la formation du stagiaire de mettre en commun leurs informations sur ledit stagiaire dans un dossier numérique partagé entre tous les acteurs. Ils pourront le cas échéant créer des signaux d’alertes pour les enseignants stagiaires en difficulté. La FSU/CGT s’est opposée à la constitution de ce fichier qui actuellement n’a pas été déclaré à la CNIL, aucune procédure d’effacement des données n’est mise en place, ni de délai de conservation des données, ni de contrôle d’identité des utilisateurs/trices ayant accès aux informations 

→ concernant l’accompagnement en T1 et T2, l’administration attend une note de service nationale sur le sujet au regard des modifications PPCR

→ l’administration a aussi annoncé que les journées d’accueil passeront de 2 à 3 jours (1 jour admin et 2 jours en lien avec l’inspection) ... et c’est tout



pour le SNUipp-FSU, Laeticia Martin et Yann Bailly


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samedi 2 septembre