Je suis directeur ou directrice

lundi 4 décembre 2017
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Ils sont près de 45 000, les directrices et directeurs, à assurer une position centrale dans le fonctionnement de l’école publique. Ils ne ménagent ni leur temps ni leur énergie pour favoriser le travail des équipes pédagogiques, accueillir au mieux les familles et favoriser la réussite de tous les élèves. Malgré quelques avancées leur travail reste complexe et parfois difficile tant ils manquent de temps et de moyens pour se consacrer pleinement aux élèves et à l’animation de leur école. Tour d’horizon de cette fonction aux multiples facettes.

Les fonctions de la direction d’école


Les directrices et les directeurs veillent à la bonne marche de chaque école maternelle ou élémentaire et au respect de la réglementation qui leur est applicable. Le référentiel métier des directeurs d’école paru au BO spécial n° 7 du 11 décembre 2014 définit leurs missions autour de trois axes :


Les responsabilités pédagogiques

Animation, impulsion et pilotage

  • Il ou elle assure la coordination entre les enseignants de l’école. Il ou elle préside le conseil des maîtres et veille à la tenue des conseils de cycle. Il ou elle veille à la bonne intégration des stagiaires et des étudiants de l‘Espé.
  • Il ou elle veille à la diffusion des programmes et instructions officielles et s’assure de la mise en œuvre des dispositifs de soutien aux élèves à besoins particuliers. Il ou elle impulse les liaisons nécessaires à la continuité des apprentissages et encourage les innovations pédagogiques.
  • Il ou elle coordonne l’élaboration du projet d’école et veille à sa mise en œuvre. Il ou elle sensibilise l’équipe à la qualité du climat scolaire.


Les responsabilités relatives au fonctionnement de l’école

Admission, accueil et surveillance des élèves ; présidence du conseil d’école ; règlement intérieur de l’école ; répartition des moyens et organisation des services ; sécurité de l’école

  • Le directeur procède à l’admission des élèves et organise l’accueil et la surveillance des élèves.
  • Il réunit et préside le conseil d’école.
  • Il organise l’élaboration du règlement intérieur et veille à son respect.
  • Il répartit les moyens et les crédits.
  • Il répartit les élèves en classe et arrête le service des enseignants après consultation du conseil des maîtres.
  • Il organise le service et contrôle l’activité des personnels territoriaux. Il veille à ce que les agents en contrat aidés bénéficient de l’aide d’un tuteur pendant leur formation.
  • Il organise la sécurité au sein de l’école (sécurité incendie, prévention des risques majeurs, PPMS, tenue du registre de sécurité, organisation d’exercices de sécurité …)


Relations avec les parents et les partenaires de l’école

Relation avec la commune ; relation avec les parents d’élèves ; participation à la protection de l’enfance

  • Le directeur représente l’institution scolaire auprès de la commune. Il doit favoriser la complémentarité entre le projet d’école et les activités périscolaires.
  • Il organise les élections des représentants de parents d’élèves au conseil d’école et favorise l’implication des familles dans l’école.
  • Il contribue à la protection des enfants en lien avec les services compétents.


Des annexes et un guide en ligne

Le référentiel est accompagné de trois annexes qui précisent pour chaque domaine les activités propres, les capacités et compétences et les connaissances spécifiques. Un dossier en ligne sur Eduscol détaille les différentes missions des directeurs et les assortit d’un « guide pratique pour la direction » ainsi que du « film annuel » des tâches à réaliser.

Si le nouveau référentiel reprend l’essentiel des missions précédentes, quelques nouveautés apparaissent : gestion de l’absentéisme, information sur les temps scolaire et périscolaire dans le cadre des rythmes, recrutement et tutorat des AESH et des contrats aidés. Pour le SNUipp, ce nouveau référentiel doit être un appui pour la formation mais ne doit pas venir encore alourdir les responsabilités et les missions. Car ces dernières années ont été marquées par une forte augmentation de la charge de travail et des responsabilités qui pèsent particulièrement sur les directrices et directeurs d’école. L’avalanche de tâches liées à la gestion de l’école et à la mise en place des réformes en cours devient insupportable. D’autres voies sont à explorer comme remettre le conseil des maîtres au centre des décisions, doter les écoles d’une véritable assistance administrative...



Un statut ?

Les écoles maternelles, élémentaires et spécialisées ne sont pas, sur le plan règlementaire et juridique, des « établissements ». L’enseignante ou l’enseignant en charge de la direction d’école assume une fonction : elle ou il n’est ni « chef d’établissement », ni fonctionnaire d’autorité. Le supérieur hiérarchique des enseignants adjoints n’est donc pas le directeur mais l’inspecteur de l’Éducation nationale de la circonscription (IEN).

Le SNUipp-FSU refuse tout projet qui diviserait la profession en conférant à la direction un statut et un rôle hiérarchique relevant d’une conception managériale. La notion d’équipe doit être consolidée avec des moyens impartis.



Le recrutement des directrices et directeurs


Qui peut l’être ?

L’enseignant chargé de la direction d’une école à deux classes et plus est nommé par l’inspecteur d’académie, après avis de la CAPD. Mais il faut préalablement avoir deux ans d’ancienneté et être inscrit sur la liste d’aptitude départementale des directeurs d’école.

Comment ?

Les enseignants transmettent leur candidature à la liste d’aptitude à l’IEN qui la transmet au Dasen avec un avis motivé. Une commission d’entretien, composée de l’inspecteur d’académie ou de son représentant, d’un IEN et d’un directeur d’école, émet un avis après étude du dossier et entretien avec le candidat. L’IA arrête la liste d’aptitude après avis de la CAPD. L’inscription sur une liste d’aptitude demeure valable durant trois années scolaires. Durant cette période, l’inscription n’a donc plus à être sollicitée de nouveau.

Ne pas hésiter à contacter la section départementale du SNUipp-FSU pour plus d’informations sur cette étape.

Quelle Formation  ?

Une formation obligatoire est organisée départementalement durant le temps scolaire. Elle comprend trois semaines de formation à la fin de l’année scolaire précédant la prise de fonction et deux autres semaines au début de l’année suivante. Trois jours supplémentaires au minimum s’y ajoutent à la fin de la première année d’exercice. Pour définir les contenus de ces formations, le ministère prévoit la mise en place d’une équipe de directrices et directeurs d’école en place, chargée d’élaborer un programme de formation au plus près des besoins professionnels.

Quel accompagnement pour la première année ?

Un tutorat est prévu pour accompagner la première année de prise de poste. Chaque nouveau directeur sera accompagné par un directeur expérimenté, rémunéré pour cette mission, mais sans temps de décharge supplémentaire. Le ministère prévoit aussi un dispositif de formation continue.



Rémunération

Tous les directeurs et directrices bénéficient de 8 points de nouvelle bonification indiciaire (NBI) et de points de bonification indiciaire (BI) en fonction de la taille de l’école. Ils perçoivent également une indemnité de sujétion spéciale pour la direction (ISS) qui se compose d’une part principale commune à toutes les écoles et d’une part variable liée à la taille de l’école. 


ISS * majorée de 20% en REP et 50% en REP+ NBI+BI* NBI+BI* Total*
Classe unique 149,63 € 51,24 € 200,87 €
2 à 3 classes 149,63 € 111,79€ 261,42 €
4 classes 166,30 € 111,79 € 278,09 €
5 à 9 classes 166,30 €177 € 343,30 €
10 classes et + 182,97 € 223,58 € 406,55 €

* sommes en brut - rentrée 2016


L’indemnité dans le détail

nombre de classes
part principale nombre de classes part principale
1 à 3 1295,62 € (soit 107,97€/mois) 500 € (41,66€/mois)
4 à 91295,62 € (soit 107,97€/mois) 700 € (58,33€/mois)
À partir de 10 1295,62 € (soit 107,97€/mois) 900 € (75€/mois)

Pour l’éducation prioritaire les indemnités sont majorées (de 20% en REP et de 50 % en REP+. Pour les écoles sortant de l’EP l’indemnité majorée est conservée pendant 3 ans (RRS + 20 %, ÉCLAIR + 50 %). En détail, ici.


Les bonifications indiciaires en détail

Les bonifications indiciaires constituent un supplément de traitement versé sous forme de points d’indices supplémentaires. Soumises à retenue pour pension, elles sont prises en compte dans le calcul de la retraite au même titre que le traitement principal.

Bonification indiciaire (Bi)
points €/mois brut
Direction classe unique 3 13,97 €
Direction école 2-4 classes16 74,53 €
Direction école 5-9 classes 30 139,74 €
Direction école 10 classes et +40 186,32 €

En plus de cette bonification indiciaire BI, tous les directeurs d’écoles bénéficient d’une nouvelle bonification indiciaire de 8 points (soit 37,26 € buts par mois)


Directeur en congé maladie et intérim de direction

Quand le directeur est en congé de maladie, un adjoint assure l’intérim. Le directeur titulaire perçoit son traitement incluant la bonification indiciaire. Si le congé dépasse 30 jours, il perd l’indemnité de charges administratives. L’enseignant de l’école chargé de l’intérim perçoit cette indemnité majorée de 50% (part fixe et part variable) mais ne peut prétendre à aucune bonification indiciaire.


Décharges de services

Le directeur d’école peut être déchargé totalement ou partiellement d’enseignement en fonction de la taille de l’école. Il bénéficie également d’une décharge de service sur le temps d’APC.

Nombre de classes maternelle
Nombre de classes élémentaire Décharge d’enseignement Allègement ou décharge sur le service d’APC (36h)
1 4 jours fractionnables* 6h
22 1 jour par mois 6h
3 3 1 jour par mois 18h
44 1/4 hebdomadaire 18h
5 à 7 5 à 7 1/4 hebdomadaire 36h
88 et 9 1/3 hebdomadaire 36h
9 à 12 10 à 13 1/2 hebdomadaire 36h
13 et au delà14 et au delà décharge totale 36h

* 2 ou 3 jours avant les vacances de la Toussaint / 1 ou 2 jours en mai-juin


Carrière


Promotion

Les directrices et les directeurs se voient attribuer systématiquement un point supplémentaire dans le barème d’accès à la hors-classe. De plus la création de la classe exceptionnelle à partir de 2017 devrait bénéficier à quelques directeurs d’école.

Concernant la classe exceptionnelle qui ne bénéficierait qu’à 10% des PE, le SNUipp-FSU dénonce cette rupture d’égalité et refuse l’idée qu’il y aurait des enseignants de "seconde zone". Il revendique de vraies améliorations salariales en direction de l’ensemble des personnels et notamment pour les directeurs et directrices dont on doit reconnaitre l’engagement pour la réussite des élèves.


Mouvement

Il intervient dans le cadre départemental, après consultation de la CAPD. Il est ouvert dans un premier temps aux seuls directeurs en poste. Les nominations interviennent ensuite sur les emplois vacants.

Des académies font de certains postes de directeur des postes à profil alors que leur obtention est déjà conditionnée par l’inscription sur la liste d’aptitude. Le SNUipp dénonce ces dispositions contraires à des affectations basées sur des critères transparents, équitables et connus de tous.


Le point dans les Deux-Sèvres

Quelle que soit la taille ou la situation géographique de l’école, le travail du directeur, loin de s’alléger, s’alourdit d’année en année. La charge mentale associé à la fonction est elle aussi très lourde car un directeur n’est pas directeur que lors de sa journée de décharge. Il plus qu’urgent de simplifier drastiquement les tâches des directeurs.


Des conditions de travail très disparates.

Dans les Deux-Sèvres, les conditions de travail des directeurs sont très différentes d’une école à une autre.

En effet, les disparités territoriales sont très grandes.

Nombre d’écoles ont moins de 3 classes. Les directeurs de ces écoles n’ont actuellement droit qu’à 10 journées de décharge par an. Les remplacements lors de ces journées de décharges sont gérés par la DSDEN. Cette dernière a, dans la mesure du possible, mis en place un système où un même brigade assure toutes ces journées de décharge dans une dizaine d’écoles de façon régulière. Ainsi, les directeurs de ces écoles se voient déchargés environ une journée toutes les trois semaines par le même remplaçant. Aucune décharge n’est assurée durant les mois de janvier et de février.

La charge de directeur école varie aussi fortement en fonction du public scolaire accueilli. Certaines zones du département accueillent beaucoup plus d’enfants allophones, de catégories sociales très défavorisées que d’autres. Pour le directeur, la charge de travail s’en ressent, notamment en ce qui concerne le nombre d’équipes éducatives, la multiplicité des partenaires, etc.

Enfin certaines écoles ont une problématique très spécifique allourdissant fortement la charge de travail du directeur. Ce sont les écoles qui sont sur 2 sites. En effet, soit en raison d’une fusion de 2 établissements éloignés de plusieurs centaines de mètres, soit pour des raisons géographiques, quelques directeurs doivent gérer 2 sites distincts. Cela pose des soucis de communication avec l’équipe, de présence sur les 2 sites. Au final, cette situation allourdit considérablement la charge de travail du directeur.

C’est pourquoi le SNUipp-FSU 79 intervient toujours en CTSD et en CAPD pour que les situations particulièrement difficiles soient vues et prises en compte par le DASEN de façon bienveillante. Cette approche au plus près des directeurs nous a permis, dans certains cas, de faire augmenter la quotité de décharge du directeur.


Liste d’aptitude

Il faut noter que les enseignants faisant fonction de directeur pendant l’année scolaire sont inscrits de plein droit sur la liste d’aptitude sans avoir d’entretien à passer. Cependant, si l’avis de l’IEN est défavorable, la candidature est examinée par la CAPD.



Quelques documents utiles

La check-list de rentrée, réalisée par le SNUipp-FSU pour ne rien oublier à la rentrée

La très dense circulaire de rentrée. Elle décline les priorités ministérielles pour l’année scolaire. 
Il sera parfois utile de l’avoir en mémoire au moment de la réunion des directeurs et directrices organisée par l’IEN.

Le Kisaitou (ouvrage édité par le SNUipp-FSU) est l’outil indispensable à la direction d’école. Mémento administratif et réglementaire, il traite de l’ensemble des problématiques de l’école. Une question se pose ? On y trouve (presque toujours) la réponse ! Une nouvelle version plus ergonomique et complétée est en ligne dès cette rentrée.

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Brèves

Le Kisaitou

samedi 2 septembre