Que nous disent les évaluations PIRLS ?

lundi 11 décembre 2017
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Les élèves français de CM1 ont, en moyenne, 9,8 ans contre une moyenne européenne de 10, 3 ans soit 5 mois de plus.

PIRLS 2016Score moyen global (écart type*)
Pays de l’OCDE (28 pays) 541 (73)
Union Européenne (24 pays) 540 (41)
France 511 (69)
  • dispersion des scores autour de la moyenne

Si on découpe l’échantillon des élèves en quart, on observe que les élèves français se retrouvent sur représentés dans le groupe le plus faible (39 % au lieu des 25 % attendus) et sous représentés dans le groupe des plus performants (12 % au lieu des 25 % attendus.

6 % des élèves français n’atteignent pas le niveau le plus élémentaire de PIRLS. Les élèves sont 3 fois plus nombreux dans l’UE à atteindre le niveau le plus avancé (12 % ) qu’en France (4%).

Les filles obtiennent des performances supérieures. En France, l’écart entre fille et garçon est moins marqué (8 points) que dans la moyenne des pays de l’UE (13 points).

Baisse significative des résultats par rapports aux cycles précédents.

Depuis 2001, le score moyen global de la France baisse tendanciellement pour passer de 525 en 2001 à 511 en 2016. Vingt pays dont 13 européens ont participé à PIRLS sur les 15 ans. Sur ce groupe de pays, la tendance est haussière. Parmi eux, 11 obtiennent des résultats supérieurs à ceux de 2001, 7 voient leurs performances inchangées et 2 voient leurs scores baisser (Pays-Bas et France).

On note une baisse sur les compétences simples comme sur les compétences complexes. Cependant, les difficultés sont particulièrement marquées sur les niveaux élevés de compréhension en lecture. La France passe de 523 points en 2011 à 501 points en 2016 alors que la moyenne des pays comparables au nôtre dont la performance moyenne s’établit à 520 points.

Ce décrochage ne se constate pas sur les compétences simples ce qui démontre que nos élèves savent « lire » si on donne à ce verbe le sens de « décoder » simplement un texte.

Quel que soit la volonté du ministre d’instrumentaliser les faiblesses –réelles- du système scolaire français, l’évaluation PIRLS ne va pas dans son sens. Le défi à relever n’est pas celui du code mais celui du sens. Cette dimension se travaille certes au CP et au CE1 mais tout au long de la scolarité.

Lors de sa conférence du 5 décembre 2017, JM Blanquer fait une série d’annonces, notamment sur deux mesures : une dictée quotidienne et une heure de lecture de plus par jour. C’est à se demander s’il a sérieusement lu PIRLS.

La DEPP indique que 288 heures étaient prescrites par les programmes officiels de 2008, les enseignants déclarant y consacrer 330 heures soit 15 % de plus ! Les enseignants de CM1 déclarent consacrer 19 % du temps de classe à l’enseignement de la lecture-compréhension et plus généralement 37 % à l’enseignement de la langue française contre 18 et 28 % pour leurs homologues européens. La réponse purement quantitative du ministre est totalement à côté de la plaque.

Et que dire de la dictée qui relève plus d’une déclaration populiste faisant appel aux stéréotypes et images d’Epinal de l’école que d’une réflexion sérieuse sur les difficultés de nos élèves.

Par contre 38 % des élèves français ont des enseignants qui n’ont participé à aucune formation contre 22 % en moyenne pour les autres pays européens.