Compte-rendu de l’audience FSU avec le DASEN

mercredi 29 septembre 2021
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Compte-rendu de l’audience FSU avec le DASEN

4 représentant·es de la FSU ont été reçu·es en audience le mardi 28 septembre par le DASEN pour faire le point sur la situation de l’école un mois après la rentrée.

Comme c’est bien souvent le cas maintenant, le DASEN n’avait qu’une heure à nous consacrer. Nous regrettons vivement que le « dialogue social » avec le DASEN soit systématiquement écourté. Si les « collaborateur·rices » du DASEN sont à même de répondre à nos questions, il est évident que c’est le DASEN, et lui seul qui peut être décisionnaire et qui peut répondre à nos demandes.

L’intersyndicale a abordé plusieurs sujets concernant le premier et le second degré.

Modification des rythmes scolaires dans la comcom Mellois en Poitou

Nous avons interrogé le DASEN sur l’avancée de ce dossier que nous suivons depuis plusieurs mois maintenant.

Le DASEN a rencontré le 16 septembre les maires de cette communauté de communes. Il nous a dit avoir présenté le dossier des rythmes scolaires de façon très administrative.

Les conseils d’école devront avoir pris position pour début décembre. Ce, lors du premier conseil d’école ou lors d’un conseil d’école extraordinaire en novembre. Cette nouveauté nous a interpellé·es, puisque depuis le début de l’année, le DASEN avait dit que cette question serait abordée lors du premier conseil d’école. Le DASEN revient en partie sur cette décision, car il attend une communication de la part de la comcom pour expliquer ce calendrier.

Nous avons vivement rappelé au DASEN que les collègues n’attendaient pas des communications de la part de la communauté de communes, mais de la part de leur supérieur hiérarchique. Il est donc important que les demandes et les explications viennent de lui.

Nous avons rappelé que les dates des premiers conseils d’école étaient très contraintes par les élections de délégué·es de parents d’élèves.

Suite aux résultats des conseils d’école, les élu·es devront se positionner sur un rythme scolaire pour le territoire. En effet, le DASEN nous a rappelé que, dans les textes, les écoles d’une même comcom devaient être sur un même rythmes. Textes que nous allons bien entendu vérifier. A notre sens, l’argument organisationnel qui nous est ressorti systématiquement ne tient pas.

Il ne sera donc pas possible d’avoir des rythmes différents qui respecteraient les souhaits de chaque CE. Nous avons rappelé au DASEN que cela n’allait pas améliorer la situation sur le territoire !

Enfin, le DASEN tranchera en fonction de la règle suivant : Si la demande est la même de la part des conseils d’école et de la comcom, il la respectera, s’ il n’y a pas consensus, c’est statu quo, et on reste sur du 4,5 jours !

On en revient donc toujours à la même chose ! Aucune avancée dans ce dossier depuis des années.

Nous avons aussi rappelé au DASEN que les équipes souhaitaient pouvoir se positionner en connaissance de cause, à savoir, connaître l’organisation qui sera proposée pour les activités périscolaires si c’est le rythme 4,5 jours qui est retenu. Il semble que le DASEN a pris cette demande en note … la suite au prochain épisode.

En conclusion, nous sommes très inquiet·ètes sur la gestion de ce dossier sur ce territoire. Nous avons rappelé les difficultés de communication qui existaient déjà entre des élu·es et les équipes enseignantes. Nous avons aussi à nouveau évoqué les difficultés concernant les commandes de matériel.

Ce qui se passe sur ce territoire est une illustration parfaite de la politique de territorialisation de l’école qui permet à l’état de se désengager des nombreuses décisions concernant l’école, mais qui n’améliore en rien la qualité du service public d’éducation.

Utilisation du téléphone portable en classe.

Nous avons questionné le DASEN sur la présence dans au moins deux notes de services d’un paragraphe rappelant aux enseignant·es que l’utilisation du téléphone portable à des fins personnelles (communications et réseaux sociaux) était interdite pendant le temps de travail. Cette injonction nous a semblé très infantilisante, et nous souhaitions savoir pour quelle raison elle avait été émise. Le DASEN semblait le découvrir. Ce serait donc un positionnement de la part d’IEN.

Si vous avez des soucis à ce sujet, n’hésitez pas à nous en faire part au plus vite.

Point sur les recrutements et personnels

Actuellement, 13 enseignant·es contractuel·les ont été recruté·es dans le département.

L’un·e d’entre eux·elles a été positionné·e sur l’un des postes de remplaçant·es créés lors de la dernière phase de carte scolaire et basé sur la circonscription de Thouars.

Inutile de rappeler une fois encore notre positionnement concernant ce recrutement de contractuel·les. Bien entendu, nous ne jugeons pas les personnes, mais la méthode et le type de poste qui est une attaque en règle contre le service public.

Concernant le recrutement de listes complémentaires, le DASEN n’a toujours pas eu de réponse. Il a expliqué que cette demande avait été faite conjointement par les 3 départements de l’académie Poitou Charente. Les DASEN attendent toujours une réponse de la rectrice. Cela aurait presque un côté rassurant de voir que les difficultés de communication existent à tous les étages et que nous ne sommes pas les seul·es à attendre les réponses pendant plusieurs semaines !

Nous avons constaté une valse des postes , notamment de CPC à cette rentrée. Il semble que ces postes soient en train de se stabiliser. Un mois après la rentrée, c’est une bonne nouvelle …

Cela prouve bien que le profilage des poste ne permet pas une plus grande stabilité ou une meilleure adéquation entre l’agent·e et le poste ...

Nous avons interrogé l’administration sur les recours de rendez-vous carrière et sur les demandes de ruptures conventionnelles. Actuellement, un recours et une demande de rupture ont été transmises à la DSDEN.

N’oubliez pas que les représentant·es des personnels du SNUipp-FSU peuvent vous accompagner dans vos démarches sur ces sujets ! Contactez-nous.


Groupes de travail divers et variés

Le DASEN nous promet des groupes de travail depuis plusieurs mois maintenant sur différents sujets qui touchent à l’organisation de l’Éducation Nationale dans notre département.

Les dates arrivent au compte-goutte !

Un nouveau GT direction d’école aura lieu le 24 novembre.

Le GT RASED aura lieu quelque part entre le 1er et le 20 novembre

le conseil de formation aura lieu … un jour.

Bref, un calendrier encore bien fluctuant pour des sujets importants.

Nous reviendrons vers la profession pour préparer au mieux ces GT. En espérant que les dates ne nous soient pas communiqués à la dernière minute.

Situation sanitaire

Les Deux-Sèvres devraient faire partie des départements dans lesquels les élèves pourront enlever le masque à l’école. En effet, notre département a un taux d’incidence en dessous de 50 depuis plusieurs jours. Le DASEN pense que cette mesure pourra être effective à partir de lundi prochain. Il sera aussi possible que les élèves soient à nouveau mélangé·es et la pratique de l’EPS pourra se faire sans aucune restriction.

Ces mesures ne s’appliquent pas à partir du collège, sauf pour la pratique de l’EPS.

Nous nous réjouissons de la levée de ces mesures très contraignantes pour les élèves. Malheureusement, il n’est pas encore envisagé que les adultes puissent eux aussi enlever le masque.

Nous espérons que toutes les mesures sont bien prises pour assurer la sécurité des personnels et des élèves.

Les Deux-Sèvres ne font pas partie des départements qui expérimenteront les tests systématiques à partir du premier cas de COVID dans une classe. Cette expérimentation pourra être généralisée dans les départements qui sont en protocole niveau 1, ce qui sera à priori notre cas. Il faut donc s’attendre dans les jours à venir à de nouveaux changements, mais notre capacité d’adaptation n’est désormais plus à prouver.

Le DASEN nous annonçait 13 classes fermées le 27 septembre ainsi que la vaccination de 88% des élèves de 12 à 17 ans avec une première dose et 65% ayant reçu 2 doses.

PIAL et AESH

Notre délégation a bien entendu questionné à nouveau le DASEN sur l’accompagnement des élèves en situation de handicap dans le département.

Un mois après la rentrée, l’IEN ASH n’est toujours pas en mesure de dire précisémement combien de notifications ne sont pas encore couvertes. Nous qui pensions que les PIAL allaient faciliter le suivi et les échanges entre le terrain et l’administration, ben mince alors ! ça ne marche pas.

L’IEN ASH a bien pris le temps de nous expliquer, avec beaucoup de mots, comment les pilotes de PIAL allaient réorganiser les moyens pour permettre d’accompagner au mieux tou·tes les enfants qui avaient une notification ... tout ça sans autres personnels, mais nous sommes rassuré·es, car manifestement ça sera encore mieux ! Il faudra essayer de trouver les moyens sur les accompagnements déjà en place depuis l’année dernière et qui peuvent être revus à la baisse, car le but est bien que ces élèves gagnent en autonomie ... (Smiley dubitatif ...)

Afin d’être sûr de bien comprendre, nous avons illustré la situation en demandant à l’IEN ASH qu’il était bien en train de nous expliquer comment il allait étaler la confiture le plus possible pour couvrir toute la tartine, et là, c’est lui qui a eu un smiley dubitatif ... à priori, il est plutôt de la team brioche au beurre pour le petit déjeuner !

Sur ces métaphores culinaires, nous avons rappelé à Monsieur l’IEN ASH et à Monsieur le DASEN que les personnels étaient déjà à bout sur le terrain, que les inégalités dans la gestion des différents PIAL étaient de plus en plus mal vécues par les collègues. Nous serons très vigilant·es à ce que ces redéploiements ne se fassent pas au détriment des personnels et des élèves, car, n’en déplaise à nos supérieur·es, la flexibilité n’a jamais été synonyme de bien être au travail, bien au contraire.

L’IEN ASH nous a assuré que la gestion se faisait au plus près des AESH ... vu le manque de personnels, ils sont au plus près, en effet !

N’hésitez pas à faire appel à nous sur ces questions. Une journée de mobilisation intersyndicale pour les AESH est déjà prévue le 19 Octobre. Les déclinaisons départementales vous seront très rapidement communiquées.

Second degré

Nos collègues du SNES FSU ont alerté le DASEN sur la situation catastrophique dans le second degré concernant le manque d’enseignant·es, mais aussi des situations matérielles anormales dans certains établissements du département, notamment au collège Supervielle de Bressuire.

Nous avons enfin conclu cette audience en abordant un sujet qui touche au premier et au second degré : Les évaluations d’établissement.

Dans la droite ligne des politiques libérales que Jean Michel Blanquer impose depuis sont arrivée rue de Grenelle, ces évaluations d’établissement sont une petite bombe qui vient s’ajouter au démantelement de l’école.

Nous parlerons plus particulièrement ici de ce qui concerne le premier degré, mais cela vaut aussi pour les établissements du second degré.

Dans tous les départements, une école doit être choisie pour expérimenter des évaluations d’établissement.

Dans notre département, ce sont les écoles de Chauray maternelle et élémentaire qui s’y collent.

Madame Nedellec, A-DASEN nous a expliqué que cela se passerait en deux temps. Tout d’abord, les enseignant·es, ainsi que les élu·es et parents devront faire une phase d’auto-évaluation interne. Cette auto-évaluation devra répondre à des questions. Nous avons bien entendu demandé à connaître ces questions, mais malheureusement, le ministère n’a pas encore donné de précisions à ce sujets (première poilade !). Il faut dire que Blanquer est spécialiste pour mettre en place des choses qui ne sont pas encore finalisées ... bref.

Une fois que les questions seront connues donc, il faudra mettre en place un "copil" (deuxième poilade, parce que franchement, ce mot est vraiment ridicule). Copil qui devra définir les axes de travail. Des groupes seront formés pour travailler sur différents sujets et établir ce bilan interne. Le tout avant début décembre ... (3ème poilade, sachant que personne ne connaît encore les questions qui seront posées ... !)

Ah oui, les élèves peuvent aussi être associés à cette évaluation d’établissement, mais ça concerne plutôt le second degré. (Mince, on a failli se poiler).

Une fois que cette auto-évaluation est faite et transmise, un groupe d’expert·es venant d’un autre département va effectuer une évaluation externe avec observation en classe, questionnement des parents, des enseignant·es, visites de l’école et tout le toutim.

Cette seconde phase d’évaluation doit être finalisée rapidos, car il faudra faire un bilan de cette expérimentation courant décembre pour une généralisation dès le mois de janvier 2022 (4ème franche poilade en apprenant qu’encore une fois, on prévoit à l’avance de généraliser une expérimentation sans l’analyser.)

Ce groupe d’expert·es peut-être composé d’IEN, de directeur·rices, de CPC, d’enseignant·es référent·s ...

Une fois que cette évaluation est terminée, on n’a pas bien compris ce qui se passait, mais à priori, l’équipe aura retiré les axes de travail pour améliorer l’école. Sous entendu pour de meilleures performances. Une sorte de projet d’école, mais en beaucoup plus chiant ! On ne pensait pas que c’était possible, mais si. Blanquer est vraiment plein de ressources.

Une fois cette expérimentation Chauraisienne terminée, ce sont donc les autres écoles du département qui devront s’y coller, et toutes les écoles devront y passer dans un délai de 5 ans ...

Bien entendu, l’administration réfléchit déjà à regrouper entre elles les petites écoles, histoire de bien préparer le terrain pour imposer des structures plus grosses.

Nous avons bien entendu demandé sur quel temps allait se faire cette expérimentation. Actuellement, nos collègues des écoles de Chauray prendront ce temps sur 12h d’animations pédagogiques. Nous les invitons vraiment à compter leurs heures et à bien les noter, et à arrêter de participer une fois que ces heures auront été dépassées. Par contre, il y a fort à parier que le crédit d’heures sur les animations pédagogiques va disparaitre bien rapidement pour être finalement pris sur les 108h. Mais bon, d’aucun diront que nous sommes mauvaises langues.

Bref, à la fin de cette audience, ce n’était pas franchement la grosse poilade. La vitesse à laquelle ce ministre casse l’école publique est effrayante. Ces évalutaions d’établissement sont dans la droite ligne de la loi Rilhac, et l’expérimentation Marseillaise sur le recrutement des enseignants par les directeurs et directrices d’écoles. Nous sommes vraiment très inquiet·ètes du devenir de l’Éducation Nationale, car si nous ne réagissons pas collectivement très vite, cette école que nous avons eu la chance de connaître et qui était malgré tout porteuse de valeurs émancipatrices ne sera plus qu’un paragraphe dans les livres d’histoire.


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