Audience intersyndicale du 14 décembre 2021

jeudi 16 décembre 2021
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Compte-rendu d’audience intersyndicale

Les organisations syndicales représentatives dans notre département ont été reçues en audience intersyndicale le mardi 14 décembre.

Comme à l’accoutumée désormais, le DASEN, qui semble avoir une agenda très rempli, est arrivé en retard et ne pouvait nous accorder plus d’une heure trente d’audience. Étant donné que nous étions 4 organisations syndicales, qu’il est très compliqué d’avoir des réponses à nos questions et que nous n’avions pas eu d’audience intersyndicale depuis septembre : la liste des sujets à aborder était TRÈS longue.

Nous n’avons donc pas pu aborder tous les sujets que nous avions prévus et nous restons très insatisfait·es de l’état du dialogue social dans notre département.

D’un point de vue assez général, nous constatons de plus en plus à quel point nous ne parlons plus le même langage avec les gens qui nous encadrent. Nous avons enchaîné la présentation des dispositifs qui nous ont tous été présentés comme de vraies avancées au service de l’École. Nous continuons d’y voir des moyens de contraindre un peu plus la profession et de faire des économies.

La mise en place du LPI :

A l’heure du tout numérique, la hiérarchie nous présente ce nouveau logiciel comme une véritable aide au service des enseignant·es et de tou·tes les professionnel·les qui travaillent avec les jeunes à besoins éducatifs particuliers. Nous pensions ce livret de parcours inclusif destiné uniquement aux élèves en situation de handicap ou aux élèves à besoins éducatifs particuliers, mais Mme L’A-DASEN nous a expliqué que tous·tes les enseignant·es pourraient rentrer dans ce LPI : les PPRE, les PAP, au même titre que les GEVASCO.

Les LPI sont expérimentés sur 4 PIAL actuellement (Brioux, Jean-Zay, EREA Parthenay et Thouars) et ils seront généralisés dès fin janvier. Encore une expérimentation sans bilan qui se généralise… No comment !

Les parents de l’élève auront accès à ce LPI ainsi que plusieurs professionnel·les qui pourront y apporter leur contribution (MDPH, IEN, RASED, enseignant·es…)

Nous avons interrogé l’administration sur la validité de ce document au regard de la CNIL, mais aucune assurance ne nous a été apportée, si ce n’est qu’il faut faire confiance à l’administration qui a bien dû prendre toutes les précautions de rigueur. Là aussi, ça se passe de commentaires. Quant au stockage des données, nous ne savons pas non plus si ce sont Amazon et Consors qui s’en chargeront ! Espérons que l’on ne se retrouve pas en rade d’internet le jour où tous les dossiers papiers auront été éliminés ! Mais ça, c’est une autre histoire.

Nous avons aussi interrogé l’administration sur le caractère obligatoire du recours au LPI, et la réponse est sans appel : il va se généraliser et son utilisation sera obligatoire !

La mise en place des EMAS :

Les équipes mobiles d’aide à la scolarisation se mettent en place cette année. Ce dispositif répond aux objectifs d’appui en direction des équipes de l’Éducation Nationale.

Dans notre département, il est porté par l’IME de Parthenay, et l’équipe de notre EMAS se compose d’une éducatrice de l’IME.

Cette personne, quand elle est appelée par une équipe, se déplace pour constater puis fait appel aux professionnel·les qui lui semblent les plus opportun·es. Pour le moment, nous n’avons aucune garantie que des professionnel·les seront mobilisables pour répondre aux besoins. De plus, ils ou elles n’interviendront pas sur l’élève, mais seront juste force de conseil pour l’équipe. Nous avons fait remarquer que les enseignant·es, au-delà du fait qu’on leur dise comment faire leur travail, avaient aussi besoin d’aide humaine sur le terrain, mais là aussi, tout est histoire de moyens. Et les moyens, il n’y en a ni pour l’Éducation Nationale, ni pour le médico-social.

Le DASEN semble conscient du problème et un groupe de travail pour réfléchir à ces problématiques que les enseignant·es rencontrent de plus en plus fréquemment va se tenir le 4 janvier dans le cadre du CHSCT… La suite à la rentrée donc.

Nous avons aussi rappelé au DASEN que la création de brigades soutien avait pour objectif à la base de venir aider les équipes en « crise » et que cet objectif était de plus en plus dévoyé.

L’administration en est consciente et elle dit vouloir réfléchir à recentrer leurs missions… nous verrons bien à l’avenir si ces collègues recruté·es sur poste à profil serviront à ce pour quoi ils et elles ont été recruté·es.

Programme PHARE :

Selon Mme L’A-DASEN, à l’ouest, rien de nouveau ! Ce programme vient remplacer le programme « stop au harcèlement » que nous avions jusque là. Il s’agit de constituer une équipe ressource qui pourra venir en aide aux collègues, mais aussi, et ça n’est pas rien, de former les directeur·rices. Ces dernier·es devront ensuite faire ruisseler leur formation sur leurs collègues. Ce programme PHARE engage aussi les directeur·rices à la mise en place d’informations ou d’ateliers à destination des parents d’élèves. Une présentation devra être faite en conseil d’école et 10 heures par classe sont à consacrer au sujet du harcèlement… Plusieurs engagements font donc partie de ce programme.

Selon le DASEN, il ne faut pas s’inquiéter, tout ce travail, nous le faisons déjà dans nos classes.

Nous avons tout de même fait remarquer que la démarche d’imposer un engagement avec signature était tout à fait différente, mais là dessus, le DASEN s’est un peu agacé. Nous n’avons manifestement pas du tout le même point de vue.

Nous soutiendrons les collègues directeur·rices qui ne souhaitent pas signer cette charte.

Nous faisons toutes et tous ce travail quotidien autour du harcèlement et nous ne voyons pas en quoi il est nécessaire d’engager la signature de nos collègues !

Tous ces dispositifs ont en commun d’être positifs. Sous couvert d’un vocabulaire très « positif » on modifie profondément nos conditions de travail.

On ne peut pas s’élever contre l’inclusion des personnes en situation de handicap, ni contre la lutte contre le harcèlement, mais tout cela se fait avec une baisse drastique des moyens.

Mais le caractère « positif » des sujets qui sont abordés fait qu’on ne peut pas s’ériger contre le manque de moyens sans être taxé de vouloir empêcher la lutte contre le harcèlement ou l’inclusion.

Ce qui se cache derrière le LPI, c’est le manque de moyens dans les administrations quelles qu’elles soient ! C’est comme la nouvelle gestion de nos frais de déplacements. Avant, il y avait des personnels à la DSDEN et au rectorat qui traitaient les demandes de remboursement. Aujourd’hui, nous faisons ce travail, seul·es et en plus de tout le reste, via la plate forme CHORUS (quand elle fonctionne).

Qu’est-ce qui se cache derrière les EMAS ? La disparition des établissements ESMS et l’inclusion coûte que coûte d’un maximum d’élèves. Alors, oui, bien entendu que nous sommes en demande de pouvoir travailler avec les personnels du médico-social pour le bien-être de nos élèves, mais nous voulons avoir du temps pour cela, et nous n’attendons pas qu’ils et elles viennent nous dire comment il faut faire. Cela doit être un regard croisé. Et encore faut-il que, de leur côté, ils et elles puissent avoir les moyens de travailler. Tout ce travail demande du temps.

Qu’est-ce qui se cache derrière le programme PHARE ? En effet, le harcèlement solaire est un fléau, et nous devons tout faire pour lutter contre et pour éviter des drames, mais nous devons le faire avec des moyens de formation pour tous·tes les enseignant·es. Nous devons aussi pouvoir avoir une médecine scolaire de qualité, des psychologues scolaires présent·es et en nombre suffisant…

Bref, il est difficile de ne pas dresser un bilan négatif de tous ces beaux dispositifs, car quand on creuse un peu sous le vernis, on y trouve toujours la même chose : le projet de Blanquer pour une école libérale et au rabais.

Nous avons enfin discuté au pas de course des panels d’élèves PS.

Cette demande de la DEPP s’adresse à un panel d’élèves dans toute la France. Les enseignant·es doivent répondre à des questionnaires concernant les élèves de petite section en janvier. Puis en mars, ce sont les familles qui pourront répondre à un questionnaire. Et pour finir, ce seront les enseignant·es et directeur·rices.

Cela va certainement ajouter du temps de travail pour les enseignant·es concerné·es et nous avons demandé à ce qu’une aide humaine leur soit apportée. La réponse a été celle que l’on attendait : la DSDEN ne mettra pas de moyens de remplacement pour aider ces collègues. Ils vont réfléchir à une compensation horaire, mais nous n’avons pas l’assurance d’avoir gagné sur ce point.

Nous réinterrogerons l’administration à la rentrée à ce sujet.

Nous avons terminé par un point ultra rapide sur le remplacement qui n’est pas des plus glorieux, vous vous en doutez, cette année.

Enfin, le DASEN a dû quitter la réunion pour nous laisser avec ses « collaborateur·trices » Comme nous l’avions annoncé, nous avons nous aussi quitté la réunion, car ce n’est pas à notre sens une façon correcte de tenir le dialogue social. Monsieur le DASEN nous a fait remarquer qu’il nous recevait régulièrement, et qu’il y avait beaucoup plus d’audiences qu’avant. En effet, nous avons plus d’audiences mais plus aucune CAPD !

Le mépris affiché de la part de l’administration à tous les étages de notre ministère est pour le moins déroutant et fatiguant. Mais il nous conforte dans le fait que ça n’est pas nécessairement avec l’administration que nous pourrons faire avancer les choses pour améliorer l’École, mais bien avec nos collègues qui sont tous les jours sur le terrain. Nous allons donc continuer de venir à la rencontre des équipes lors de nos tournées d’écoles et nous espérons recevoir de nombreux·ses collègues lors de nos réunions d’informations syndicales et lors de nos stages à venir.


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