Circulaire de Rentrée 2022

jeudi 7 juillet 2022
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Circulaire de Rentrée 2022

Une politique de continuité

 

La lecture de la nouvelle circulaire de rentrée annonce la couleur pour l’année scolaire qui nous attend. Si le ton change, la continuité reste profonde avec les politiques menées précédemment : renforcement de la contractualisation de l’école, promotion des fondamentaux et dispositifs augmentant le caractère ségrégué du système scolaire, ce qui a pour conséquence des parcours scolaires et des apprentissages différenciés, le recours à l’individualisation…

La circulaire met donc en œuvre la feuille de route annoncée par le Président Macron lors de la campagne présidentielle.

La FSU-SNUipp 79 vous livre son analyse.

1. Les annonces principales de la circulaire :

 

Mise en place d’un débat sur l’école, généralisation de l’expérimentation marseillaise, maîtrise des savoirs fondamentaux, évaluations nationales, poursuite des dédoublements …

 

La circulaire annonce, sans en préciser les contours, la mise en place de “réflexions collectives” locales à la rentrée qui auront pour objectif de faire évoluer les projets d’école.

 

Dans la continuité de l’expérimentation marseillaise, des moyens supplémentaires pourront être attribués en appui aux « innovations locales », “pour construire l’école du futur”, là encore sans préciser la façon dont cela se mettra en place et en quoi consiste cette école du futur.

 

La maîtrise des savoirs fondamentaux est confirmée comme « objectif prioritaire », et se décline autour d’un pilotage renforcé par les évaluations nationales.

Le SNUipp-FSU s’oppose à cette vision managériale de l’école qui détruit le collectif de travail.

● La circulaire annonce, sans donner vraiment d’indications, que l’école maternelle sera au cours de l’année 2022-2023 l’attention “d’un nouvel investissement pédagogique”.

● Priorité continue d’être donnée au français (lecture, écriture) et aux mathématiques à l’école élémentaire. Respecter autrui est renvoyé au paragraphe “Une école fondée sur le respect de l’autre” et n’apparaît plus dans les fondamentaux. Par ailleurs, aucune mention n’est faite dans la circulaire des autres disciplines enseignées à l’école : histoire, géographie, sciences …

● La circulaire annonce que des évaluations nationales seront mises en place sur échantillon en CM1. Il y a fort à parier que cela se généralise rapidement, et c’est à lier avec le pilotage par l’évaluation si cher à Blanquer.

● Le terme de “culture de l’évaluation” apparaît, les évaluations nationales deviennent les outils des Recteurs·rices et des DASEN pour orienter leur action et construire accompagnement et formation.

● L’évaluation des écoles est « amorcée dans le premier degré ».

Les dédoublements en Éducation Prioritaire se poursuivent. La circulaire de rentrée affirme que le dispositif des dédoublements « a démontré son efficacité », alors même qu’aucun bilan n’a été tiré de ce dispositif et que les résultats des évaluations montrent le contraire. Pour mémoire, pour 6 items sur 8 des évaluations de CE1 en français, les écarts de résultats entre élèves de REP+ et hors éducation prioritaire se sont aggravés depuis 2018.

 

2. Les autres annonces de la circulaire :

 

L’école inclusive, les inégalités sociales et territoriales, la laïcité, l’éducation artistique et culturelle, la pratique sportive.

 

● La continuité du plafonnement à 24 dans les classes de GS, CP et CE1 se poursuit. Si la baisse des effectifs est une revendication du SNUipp-FSU depuis longtemps, nous le revendiquons pour toutes les classes.

● « Consolider une école pleinement inclusive  » : considérant que « la situation s’est considérablement améliorée en quelques années  » par la mise en place des PIAL et une continuité des apprentissages du premier au second degré, le ministre veut mettre l’accent sur la relation avec les familles et le lien entre la communauté éducative, collectivités territoriales et secteur médico-social. Pour les AESH, il prévoit de poursuivre leur revalorisation et permettre le travail à temps complet en liant temps scolaire et périscolaire. L’inclusion est essentiellement décrite du point de vue du bien-être et de l’épanouissement, sans affirmation du principe d’éducabilité. Les problématiques induites par une école inclusive sans moyen ont été très prégnantes dans les écoles cette année et les solutions proposées pour y répondre se font toujours attendre.

● Programme « pHARe » : à l’instar des collèges, les écoles élémentaires devront le mettre en place pour lutter contre le harcèlement. Ce programme prévoit la formation de tous les personnels et des élèves à la prévention et à la lutte contre le harcèlement ainsi que la désignation d’ambassadeurs·rices « Non au harcèlement ». La lutte contre le harcèlement est bien entendu très importante, mais nous refusons le surplus de travail induit par le programme pHARE, notamment concernant les temps d’ateliers qui devraient être dispensés aux familles.

● La pratique musicale et le chant choral sont à développer.

● Les 30 min d’Activité Physique Quotidienne seront généralisées dans toutes les écoles de France pour compléter l’EPS. Cette nouveauté, qui était annoncée l’an dernier par Jean-Michel Blanquer, s’avère très intrusive du point de vue de la liberté pédagogique des enseignant·es. Voir notre article sur la mise en place des APQ.

● L’EDD (Éducation au Développement Durable) fera l’objet d’une réflexion du Conseil Supérieur des Programmes. De plus, la publication d’un guide « de sobriété écologique » est prévue et les labellisations E3D encouragées.

● La notion de respect est développée dans la circulaire à travers le respect de l’autre mais aussi sous l’angle des discriminations. “La Laïcité” y est abordée comme un “pilier de la République” mais ce sont une nouvelle fois les atteintes à la laïcité qui sont développées. Elles feront l’objet d’une communication nationale désormais mensuelle et un renforcement des équipes "valeurs de la république" est annoncé.

● Des labellisations « égalité » et « diversité » seront étendues pour que l’Education nationale devienne exemplaire dans la lutte contre les stéréotypes de genre.

La circulaire aborde les inégalités scolaires dans le paragraphe “Lutter contre les assignations sociales et territoriales” mais ne prend pour appui que les internats d’excellence et les TER (territoires éducatifs ruraux) dont aucun bilan n’a été fait.

La lutte contre les inégalités apparaît uniquement à travers le prisme de la logique méritocratique qui s’affirme avec des quotas de boursier·es dans les établissements d’excellence, à rebours des moyens pour lutter partout contre les inégalités scolaires.

 

Du côté des personnels du service public d’éducation, le ministre précise qu’ils « doivent se savoir écoutés, compris et soutenus par l’institution, par ses cadres et par l’ensemble de la société ».

Il maintient et souhaite amplifier les formations continues contraintes que sont les plans français et mathématiques, affirmant que l’organisation en constellations « est largement saluée ». Les EAFC (Écoles académiques de formation continue) sont pour lui « un levier inédit », au service des priorités ministérielles.

 

Quant aux prolongements de la crise sanitaire, les quelques éléments développés dans cette circulaire questionnent :

 

● L’actualisation des plans de continuité pédagogique pourra s’appuyer sur « une solution pérenne et souveraine de classe virtuelle accessible à tous les professeurs désormais garantie toute l’année ». Alors qu’aucun plan n’a été mis en œuvre pour financer les équipements en matériel informatique des écoles et des familles, l’annonce de cette “solution pérenne” ne précise pas si cela concerne le premier ou le second degré.

● une « attention particulière à la santé mentale des élèves  » semble le seul effet inquiétant de la crise sanitaire mais rien n’est dit sur les conséquences pédagogiques de la crise qui pourtant s’installent depuis deux ans.

Le SNUipp-FSU n’est donc pas dupe, l’école selon le modèle qu’a commencé à instaurer Jean-Michel Blanquer va continuer. Si Monsieur Pap N’Diaye semble un peu plus soigner la forme, il est clair qu’il ne reviendra pas sur le fond.

Nous serons donc mobilisé·es dès la rentrée pour lutter contre la dégradation du service public d’éducation.


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